Lombalgies : qu’est ce que c’est ?
Les lombalgies sont définies comme étant une douleur localisée dans la région lombaire. Cette région se situe entre le bassin (os coxal, sacrum) en bas, et la région dorsale en haut (12ème côte et vertèbre dorsale). Elle peut être aiguë (on parle alors souvent de lumbago), ou bien chronique (>3mois).
La lombalgie résulte la plupart du temps de la contracture des muscles qui occupent la région lombaire. Elle peut survenir seule, ou bien accompagnée d’autres symptômes, comme la douleur du nerf sciatique (sciatalgie), ou bien celle du nerf femoral (cruralgie) qui suit le trajet du nerf et qui donne des sensations de décharges électriques sur son trajet. Le nerf sciatique trouve son origine dans la colonne lombo-sacrée (origine lombaire basse) et descend dans la fesse, à l’arrière de la cuisse puis dans la jambe jusqu’au pied. Le nerf fémoral quant à lui descend sur l’avant de la cuisse, c’est donc le territoire douloureux évoqué lors d’épisode de cruralgie.
L’étiopathie, par sa méthode d’analyse causale, va permettre de déterminer quelles sont les causes de ces lombalgies. L’analyse des phénomènes telles que la sciatique, la cruralgie, la mise en évidence des muscles intéressés va permettre de viser précisément les zones causales afin de leur rendre leur fonctionnalité. C’est avec plaisir que je vous reçois au cabinet de Châteaugiron pour vous accompagner.
Nous allons maintenant nous intéresser aux différents types de lombalgie, en fonction des muscles impliqués, et des causalités possibles :
Les lombalgies d’origine mécanique, vertébrale:
– Le muscle carré des lombes
Il occupe une bonne partie de la fosse lombaire et est régulièrement impliqué dans les lumbagos aigus ainsi que dans les phénomènes de lombalgie chronique. Il reçoit ses informations par les nerfs issus de la colonne dorso-lombaire (D12 -> L2). Sa contracture dépend donc d’un surplus d’informations issues de cette région vertébrale. Le travail mécanique causal consistera ici à mobiliser les régions D12 -> L2 afin qu’elles retrouvent leur mobilité initiale.
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– Le muscle grand dorsal
C’est un muscle large, triangulaire à base lombo-sacrée. Il relie le bassin et la colonne dorso-lombaire au membre supérieur, et permet de nombreux mouvements.
La lombalgie sera notamment accompagnée de soucis lors de la rotation du tronc ou pour mouvoir le membre supérieur homolatéral (vers l’arrière et le dedans particulièrement). Son innervation est d’origine cervico-dorsale C6-D1, donc ne soyez pas surpris si je regarde le bas de votre nuque pour traiter le bas du dos !
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– Le muscle dentelé postéro-inférieur
Il est plus petit que ses deux compères et occupe plutôt la région lombaire haute, dorsale basse. Son innervation est dorsale basse D9 -> D12.
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Les muscles para-vertébraux :
Ce sont des muscles situés de chaque côté de la colonne lombaire, dont l’innervation est étagée selon leur localité. Ces muscles permettent à l’étiopathe d’affiner le diagnostic lors de la palpation des régions paravertébrales.
Les lombalgies d’origine viscérale
Nous distinguerons dans cette catégorie les lombalgies associées aux urgences viscérales des lombalgies d’origine viscérales simples.
- Les lombalgies associées aux urgences viscérales :
Seront cités ici les lombalgies aiguës réflexes que l’on retrouve lors d’épisodes de souffrance viscérale importante. Nous les différencierons en fonction des systèmes concernés.
-> Le système urinaire : une contracture lombaire réflexe peut être retrouvée lors de coliques néphrétiques notamment, ou bien de pyélonéphrite aiguë. La lombalgie sera alors accompagnée par les signes distinctifs propres à ces pathologies.
-> Le système digestif : ici l’on peut citer les différentes urgences digestives suivantes: appendicite, péritonite. Bien sûr, ici la lombalgie réflexe associée fait partie des signes mineurs de ces pathologies, le diagnostic d’exclusion est ici assez aisé.
-> Le système gynécologique chez la femme : on peut retrouver des lombalgies associées lors d’épisodes de grossesse extra-utérine ou de torsion annexielles par exemple. Là aussi, la symptomatologie reste assez évidente et permet l’exclusion rapide de ces urgences.
- Les lombalgies viscérales simples:
Les lombalgies d’origine viscérale sont relativement simples à distinguer de celles d’origine mécanique vertébrale. Le caractère purement mécanique implique nécessairement des troubles de la mobilité rachidienne, tandis que ceci n’est pas forcément vrai lorsque l’origine est viscérale. De plus, elles seront associées à une symptomatologie viscérale concordante au système causal (urinaire, génital, digestif). C’est là toute l’importance de l’interrogatoire préalable à toute intervention manuelle en étiopathie, il permet de déterminer le système en cause dans l’apparition des phénomènes pathologiques.
La lombalgie d’origine viscérale la plus fréquente est décrite comme une barre localisée au niveau de la 5ème et dernière vertèbre lombaire, juste au-dessus du bassin. Elle trouve son origine dans une congestion des organes présents dans le petit bassin. Elle est très souvent associée à des contractures au niveau des muscles carré des lombes et fessiers. Ceci est dû au fait que les organes du petit bassin ont une innervation double, dorso-lombaire et lombo-sacrée, ce qui explique la multiplicité des contractures retrouvées lors de l’examen palpatoire.
L’origine viscérale, d’un point de vue général, se distingue également de l’origine mécanique vertébrale de par la multiplicité et la concordance des contractures qui y sont associées.
Mécanismes et traitements étiopathiques
Mécanisme à l’oeuvre dans l’apparition d’une lombalgie
Le muscle, outre ses fonctions proprioceptives et sensitives, reste principalement un système effecteur. Sa contraction, son tonus, sont dépendants des informations qu’il reçoit par le biais du système nerveux.
La contracture d’un muscle, comme retrouvée lors d’épisode de lombalgie, représente un état de contraction prolongé et involontaire de ses fibres musculaires. Elle résulte par conséquent forcément d’une augmentation de la quantité des informations qui parviennent à ce muscle. Ces dites informations elles mêmes véhiculées par des nerfs issus de la moëlle épinière, située dans la colonne vertébrale.
Une comparaison que j’évoque assez souvent avec mes patients afin d’expliquer ce phénomène : le muscle est représenté par une ampoule. Cette ampoule est reliée par un système de câbles électriques (les nerfs) à un interrupteur (l’étage vertébral correspondant à l’origine du nerf), qui détermine si l’ampoule est allumée ou éteinte. Lors d’une contracture musculaire, l’interrupteur informe en permanence l’ampoule qui s’allume de manière constante, et non plus seulement lorsqu’on en a besoin.

Le mécanisme reste similaire si l’on parle d’un dysfonctionnement vertébral ou viscéral. Dans les deux cas il existe une souffrance locale, tissulaire qui informe par le biais du système neurologique les centres neurologiques médullaires, provoquant dans le même temps (par le biais de structures appelées inter-neurones) la réponse motrice réflexe à l’origine de la contracture.
Nous allons ensuite évoquer les mécanismes mis en jeu lors de l’installation d’une lombalgie chronique.
Une lombalgie devient chronique lorsqu’elle est installé depuis plusieurs mois (on parle souvent de chronicité au delà de 3 mois). Plus la douleur dure dans le temps, plus le système nerveux qui code cette douleur « s’habitue » à transmettre ces informations douloureuses.
Le système nerveux est un système en constant remaniement. On parle de plasticité neuronale, plus une information est répétée au niveau neurologique, plus les éléments nerveux recrutés pour cette information se développent. C’est aussi le cas en pathologie, cette douleur va développer au fur et à mesure les circuits neuronaux qui les élaborent. C’est un cercle vicieux, qui sera d’autant plus dur à briser avec le temps qui passe.
La douleur peut ainsi persister après le traitement étiopathique, et demande une prise en charge adaptée que nous étudierons dans le chapitre des traitements en étiopathie.
-> en savoir plus sur la prise en charge
Traitements étiopathiques
- Lorsque l’origine est vertébrale :
Nous avons évoqué au début de l’article les différents muscles principaux occupant la région lombaire, ainsi que leur innervation, c’est-à-dire de quel étage neurologique ils dépendent. La mise en évidence du muscle intéressé lors de la lombalgie se fera non seulement lors de l’interrogatoire, mais également pendant l’examen palpatoire préalable au geste thérapeutique.
Les régions traitées diffèrent donc en fonction de l’ampoule qui est allumée. Cependant, le principe de la mobilisation articulaire reste le même en fonction des régions. Il existe plusieurs façons de libérer un dysfonctionnement articulaire vertébral :
- Le « High Velocity Thrust » (HVT)
C’est une des façons de faire la plus répandue parmi les thérapeutes manuels. Il consiste à isoler une articulation par la mise en position du patient, mettre le système articulaire « en tension », c’est à dire chercher une ouverture de l’articulation, et enfin appliquer une majoration brève et sèche de cette ouverture. Le geste est précis, vif, rapide, et doit respecter une amplitude courte. Plus important encore, il est primordial d’éviter de provoquer une douleur lors de l’exécution de ce geste. L’impulsion peut provoquer un bruit articulaire, on parle souvent de « faire craquer ». Ce bruit résulte de l’éloignement rapide et bref des surfaces articulaires, créant une dépression dans la cavité articulaire qui va induire la formation d’une bulle de gaz qui éclate. Le bruit articulaire est tout à fait anodin, et ne représente pas forcément non plus un signe de qualité de la technique appliquée.
Exemple de HVT en région lombaire
Il existe une variante particulière, héritée des chiropracteurs américains qui l’ont développée, c’est le « toggle recoil ». Il s’agit là également d’appliquer une impulsion brève et sèche sur un système articulaire, à la différence que la technique nécessite un coussin « drop », qui permet à la table d’absorber l’impulsion. C’est par conséquent une technique plus douce, très utile dans les cas de patients très douloureux, ou qui ne souhaitent pas que l’on fasse « craquer ».
Exemple de toggle recoil en région dorsale
- Les techniques myotensives
Elles permettent de mobiliser une articulation en sollicitant la contraction active, qui sera contrariée, des systèmes musculaires adjacents à ladite articulation. En contrariant le mouvement, de manière précise et ciblée, cela permet de gagner en amplitude de mouvement et participe donc à la libération du dysfonctionnement vertébral.
Exemple de technique myotensive en région lombaire
Le plus souvent, ces différentes techniques sont très complémentaires dans la prise en charge globale de la problématique des patients.
- Lorsque l’origine est viscérale
Le traitement viscéral se fait par mobilisation douce des viscères concernés, jusqu’à obtenir le relâchement des systèmes tissulaires de contention qui les entoure. Ceci permet une décongestion de la zone, ce qui va optimiser les apports en nutriments dans les systèmes concernés, et par là même diminuer la souffrance tissulaire à l’origine de l’information douloureuse.
Dans le cadre d’une lombalgie chronique, il reste nécessaire de libérer le dysfonctionnement à l’origine de cette douleur. Cela dit, il est possible que cela ne suffise pas. Ceci est dû à la plasticité du système nerveux et à son adaptation à cette information douloureuse.
Dans ce cas précis, il est nécessaire pour la prise en charge du patient d’y ajouter une bonne dose d’activité physique non spécifique à intensité modérée, mais aussi des exercices de mobilisation active des zones douloureuses. Il s’agit ici d’avoir à la fois une action neurologique générale, et locale.
En effet, l’activité physique va permettre, notamment par le biais des sécrétions d’endorphine, de diminuer le seuil de douleur global de l’organisme. C’est une des (très nombreuses) raisons de s’y mettre, au moins un petit peu.
Les exercices de mobilisations spécifiques vont permettre une véritable rééducation du système nerveux qui sous-tend l’information douloureuse. Car s’il est plastique dans un sens, il l’est certainement dans le sens contraire. Habituer à nouveau son système nerveux à bouger sans douleur permet de shunter le cercle vicieux mis en place lors de l’adaptation pathologique du système nerveux, tout en permettant au patient de reprendre confiance dans le mouvement et dans son corps. C’est donc un passage essentiel dans la résolution des lombalgies chroniques.
Maintenant que vous savez tout (allez, presque), pensez à prendre soin de vous, prenez rendez-vous !